Jacques Portefaix

 

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Le combat des 7 enfants du Villeret

 

Les autorités avaient conseillé de faire se regrouper les troupeaux et leurs jeunes gardiens.

C'est pourquoi le 12 janvier 1765, la bête du Gévaudan attaque 5 garçons et 2 filles qui gardent ensemble leur bétail sur la Margeride au pâturage de la Coutasseire près du Villeret, paroisse de Chanaleilles

 

Relation du combat des 7 enfants du Villeret de Chanaleilles établie par le curé de la paroisse à la demande du subdélégué de l'intendant du Languedoc à Mende.

 

Détail des ravages que la bête féroce

A fait tant en Vivarais qu'en Gévaudan

En Auvergne et en Rouergue.

 

Le 12 de janvier la bête féroce attaqua cinq petits garçons du village de Villeret paroisse de Chanaleilles. Les trois plus âgés avaient environ onze ans, les deux autres n'en avaient que huit et ils avaient avec eux deux petites filles à peu près du même âge. Ces enfants gardaient du bétail en haut d'une montagne ; ils s'étaient armés chacun d'un bâton, au bout duquel ils avaient attaché une lame de fer pointue, de la longueur de quatre doigts. La bête féroce vint les surprendre et ils ne l'aperçurent que lorsqu'elle fut près d'eux ; ils se rassemblèrent au plus vite et se mirent en défense. La bête les tourna deux ou trois fois et enfin s'élança sur un des plus petits garçons ; les trois plus grands fondirent sur elle, la piquèrent à diverses reprises sans pouvoir lui percer la peau. Cependant à force de la tourmenter ils parvinrent à lui faire lâcher prise. Elle se retira à deux pas après avoir arraché une partie de la joue droite du petit garçon dont elle s'était saisi et elle mangea devant eux ce lambeau de chair. Bientôt après elle revint attaquer ces enfants avec une nouvelle fureur ; elle saisit par le bras le plus petit de tous et l'emporta dans la gueule ; l'un d'eux épouvanté proposa aux autres de s'enfuir pendant qu'elle dévorerait celui qu'elle venait de prendre, mais le plus grand nommé Portefaix qui était toujours à la tête des autres leur cria qu'il fallait délivrer leur camarade ou périr avec lui. Ils se mirent donc à poursuivre la bête et la poussèrent dans un marais qui était à cinquante pas et où le terrain était si mou qu'elle y enfonçait jusqu'au ventre ; ce qui retarda sa course et donna à ces enfants le temps de la joindre. Comme ils s'étaient aperçu qu'ils ne pouvaient lui percer la peau avec leurs espèces de piques, ils cherchèrent à la blesser à la tête et surtout aux yeux. Ils lui portèrent effectivement plusieurs coups dans la gueule qu'elle avait continuellement ouverte, mais ils ne purent jamais rencontrer les yeux. Pendant ce combat elle tenait toujours le petit garçon sous sa patte mais elle n'eut pas le temps de le mordre, parce qu'elle était trop occupée à esquiver les coups qu'on lui portait. Enfin ces enfants la harcelèrent avec tant de constance et d'intrépidité qu'ils lui firent lâcher prise une seconde fois et le petit garçon qu'elle avait emporté n'eut d'autre mal qu'une blessure au bras par lequel elle l'avait saisi et une légère égratignure au visage. Comme la petite troupe ne cessait de crier de toutes ses forces, un homme accourut et se mit à crier de son côté. La bête entendant un nouvel ennemi se dressa sur ses pattes de derrière et ayant aperçu l'homme qui venait à elle, elle prit la fuite et alla se jeter dans un ruisseau à une demi lieue de là. Trois hommes la virent s'y plonger, en sortir et se rouler ensuite quelque temps sur l'herbe. Après quoi elle prit la route du Mazel et fut dévorer un garçon âgé de 15 ans de la paroisse de Grèzes en Gévaudan.

Le lieu où furent attaqués les 7 enfants.

 

Voici une autre relation du combat de Jacques PORTEFAIX et de ses camarades conservée aux archives de Montpellier.

 

Relation Du combat du petit Portefaix

Et de ses camarades Soutenu contre la bête féroce

Le 12 janvier 1765

Le douze janvier, sept enfants du lieu du Villaret paroisse de chanaleilles, donc cinq garçons et deux filles gardaient du bétail sur une des plus hautes montagnes du Gévaudan. Ils y furent attaqués par la bête. Les cinq garçons étaient : Jacques André portefaix, âgé de 12 ans et de la taille de 4 pieds 6 lignes ; jacques Couston, âgé de 12 ans et demi, de la taille de 3 pieds 10 pouces ; Jean pic, âgé d'environ 12 et de la même taille ; joseph Panafieu, âgé de 8 ans et demi, taille de 3 pieds 5 pouces ; Jean Veyrier, âgé de 8 ans, de la même taille. Les deux filles étaient Madeleine Chausse, âgée de 9 ans et Jeanne Gueffier.

Ces enfants étaient armés chacun d'un bâton au bout duquel ils avaient attaché une lame de fer pointu, qu'ils avaient passé dans une gaine. Ils n'aperçurent la bête que lorsqu'elle fut auprès d'eux. Ils se rassemblèrent au plus vite, tirèrent la gaine de leurs petites armes, firent le signe de la croix et se mirent en défense. Portefaix qui les dirigeait, se plaça sur le devant avec Coustou et Pic, qui étaient les plus forts. Il mit les filles au second rang ; derrière les filles, Panafieu et Veyrier, qui étaient les plus jeunes de la troupe. La bête vint à eux et les tourna plusieurs fois : ils tournaient eux-mêmes à côté d'elle. elle saisit à la gorge Joseph Panafieu, l'un des plus petits, qui étaient sur le derrière. Les trois plus grands fondirent sur elle, la piquèrent à diverses reprises ; ils ne purent jamais lui percer la peau. Cependant en réitérant leurs efforts, ils parvinrent à lui faire lâcher prise. Elle se retira à deux pas emportant une partie de la joue droite de Panafieu, qu'elle mangea devant eux. Elle vint ensuite les attaquer de nouveau avec plus de fureur et les tournant toujours ; elle renversa d'abord du museau le plus jeune de ces enfants qui était Jean Veyrier. Portefaix, Coustou et Pic l'éloignèrent, elle revint sur cet enfant et le blessa d'un coup de dent aux lèvres ; ils la repoussèrent encore. Elle fondit une troisième fois sur lui, le saisit avec la gueule par le bras et l'emporta. Toute la troupe courut après, excitée par portefaix, qui voyant qu'on ne pouvait l'atteindre, fit passer Coustou d'un côté et passa lui-même de l'autre, pour que la bête prit son chemin à travers un bourbier qui était à 50 pas d'eux, ce qui leur réussit. La bête s'engagea dans ce bourbier au point qu'elle fut arrêtée dans sa course et que les enfants eurent le temps de la joindre.

L'un d'eux qui s'était bien défendu au commencement du combat, avait perdu courage lorsqu'il avait vu le sang à la joue de Joseph Panafieu son cousin et le petit Veyrier dans la gueule de la bête qui l'emportait. Il avait d'abord proposé aux autres de s'enfuir et de lui laisser manger celui qu'elle tenait.

Mais Portefaix courant à leur tête, leur cria de venir, qu'il fallait délivrer leur camarade ou périr avec lui. Et tous le suivirent, même celui qui avait une partie de la joue emportée. Lorsqu'il atteignit la bête, il leur dit qu'il ne fallait plus la piquer par derrière, ayant déjà éprouvé qu'il n'était pas possible de la percer, mais qu'ils devaient s'attacher à la tête et surtout aux yeux ou à la gueule, qu'elle avait continuellement ouverte. Ils lui portèrent plusieurs coups dans la gueule et dans la tête ; ils ne purent jamais rencontrer les yeux. La bête tenait toujours sous la patte pendant le combat l'enfant qu'elle avait saisi, mais elle n'eut jamais le temps de le mordre, étant occupée à éluder les coups qu'on cherchait à lui porter aux yeux ou à la gueule, qu'elle avait continuellement ouverte. Alors elle saisit une fois avec les dents l'arme du petit Portefaix qui en fut faussée. Au dernier coup qu'il lui porta, elle fit un saut en arrière, laissant le petit Veyrier dans le bourbier. Dès qu'elle l'eut lâché, Portefaix se mit entre elle et lui, pour qu'elle ne put reprendre cet enfant, qui se releva derrière Portefaix et s'accrocha au bout de son habit. La bête se retira sur un tertre. Ces enfants furent l'y poursuivre et la mirent en fuite. Il a été vérifié que l'homme dont il a été parlé dans la première relation ne parut que lorsque la bête était déjà loin.

 

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Le combat des enfants d'après une gravure d'époque.

 

Lettre de M. de LAVERDY contrôleur général des finances concernant la récompense des enfants du Villeret de Chanaleilles et adressée le 19 février 1765 à M. de St Priest intendant du Languedoc.

 

 

Monsieur,

 

Les détails que contient la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le 8 de ce mois concernant la bête féroce qui désole le Gévaudan, m'ont paru assez intéressants pour être mis sous les yeux du Roy. Sa majesté a été véritablement affligée des nouveaux ravages que cet animal a causés, mais la résistance et l'espèce de petit combat qui lui a été livré par la jeune troupe, à la tête de laquelle était le nommé Portefaix, a fixé particulièrement son attention. Elle approuve que vous lui fassiez délivrer une gratification de 300 livres ainsi que vous me l'avez proposé et elle vous autorise à faire distribuer une pareille somme à ses petits camarades. Le Roy a admiré comment un enfant de cet âge a montré tant de courage et de fermeté dans une circonstance aussi dangereuse et ce trait particulier a frappé sa Majesté au point qu'elle désire savoir à qui cet enfant appartient et s'il a déjà eu quelque éducation, ou s'il serait susceptible d'en recevoir une convenable et d'être utilement formé à l'art militaire auquel ses talents naturels et ses dispositions semblent le rendre propre. Procurez-moi, je vous prie sans perte de temps, sur le compte de cet enfant des éclaircissements assez étendus pour que je puisse mettre le Roy en état de me donner des ordres sur cet objet et d'en faire prendre soin. je suis, monsieur votre très humble et très attentionné serviteur.

Laverdy

 

Le Villeret de Chanaleilles village d'origine des 7 enfants.

La presse de l'époque s'empara de l'affaire des 7 enfants de Chanaleilles et bientôt tout le royaume fut au courant de leur exploit. Le roi, impressionné par tant de détermination et de courage de la part de jeunes enfants, décida de récompenser ces héros. Ils reçurent une somme d'argent et Jacques Portefaix, pauvre enfant de Margeride, qui était parvenu à sauver ses camarades, connut une destinée particulière grâce à la bête. Il fut élevé et éduqué aux frais de l'état. Après des études à Montpellier et à Douai, il devint lieutenant d'artillerie.

 

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Jacques Portefaix devint lieutenant d'artillerie mais avant cela il dut changer de nom et prendre celui de Jacques VILLARET.

 

Le 16 avril 1765, Portefaix, pupille du roi Louis XV est admis en pension chez les Frères de la Doctrine Chrétienne, ou Frères Ignorantins, de Montpellier.
Durant ses 5 années de scolarité, de 1765 à 1770, il sera placé sous la responsabilité du Frère Véran Delacroix. Portefaix était boursier du Roi, recevant mensuellement une pension pour payer ses études et ses frais divers. En échange, il devait se conduire et travailler au mieux et effectivement, il fera de rapides progrès, sachant vite lire et écrire.

En novembre 1770, jacques portefaix, accompagné par Frère Véran Delacroix, quitte l'école de Montpellier pour se rendre à l'école du Corps Royal d'artillerie, annexée au régiment d'Auxonne, près de Douai dans les Flandres. A ce moment là, ses supérieurs lui conseillent de changer son nom pour celui de Villaret (son village natal), comme le prouve la lettre du Prince de Beauvau à l'intendant du Languedoc.

Montpellier le 6 décembre 1770

 

J'ai oublié jusqu'à présent, Monsieur, de vous parler du nommé Portefaix qui est venu me trouver à Fontainebleau avec son doctrinaire. Je les ai présentés à Messieurs les ducs de Choiseul et de la Vrillière. Je l'ai aussi présenté au Roi et en ai obtenu dix louis de gratification pour le mettre en état de joindre le régiment d'Auxonne à Douai, où Monsieur le duc de Choiseul a jugé plus à propos de le placer qu'à l'école de Bapaume où on ne reçoit que des gentilshommes destinés à être officiers.

Dès que cette destination du ministre fut arrêtée, j'écrivis à Monsieur de Bréaud, brigadier commandant le régiment d'Auxonne pour lui recommander ledit Portefaix, que Monsieur de la Vrillière a jugé avec raison qu'il devait changer de nom en entrant au service et auquel nous lui avons fait prendre celui de son village.

J'ai l'honneur d'être avec un très parfait attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Le prince de Beauvau.

 

A l'école militaire de Douai, Jacques Villaret, sous les ordres de M. de Bréaud, se met au travail et réussit à obtenir un brevet de lieutenant d'artillerie en 1785, comme nous l'indique sa lettre à l'intendant du Languedoc datée du 8 mai 1785.

 

A Douay le 8 may 1785

 

Monseigneur,

 

La bonté que sa Grandeur a toujours eue pour moi, et l'intérêt qu'elle a bien voulu prendre à tout ce qui me concerne, me prescrivent le devoir de l'instruire de tout ce qui peut m'arriver d'heureux. Je me flatte que des nouvelles de cette espèce doivent lui être agréables, puisqu'elles sont une suite de l'ouvrage qu'elle a daigné commencer et pour lequel je dois à sa Grandeur une reconnaissance éternelle.

Le corps royal de l'artillerie dans lequel je servais cy-devant ayant reçu des ordres l'année dernière pour fournir le nombre d'officiers et de canonniers nécessaires à la formation d'un nouveau corps, destiné au service de l'artillerie des colonies ; je fis la demande d'un emploi de lieutenant dans ce corps ; il me fut accordé, à la sollicitation de M. Le Maréchal de Beauvau. J'ai reçu en conséquence le mois de février dernier, mon brevet et les ordres de partir d'Auxonne en Bourgogne, pour me rendre ici, place désignée pour la réunion du corps, où notre formation s'est faite le mois dernier. Dans la nouvelle carrière que je vais parcourir, je ne négligerai rien, Monseigneur, pour me rendre digne de vos bontés et pour mériter celles de mes chefs.

Ma pension de 300 livres est due depuis le 16 avril, ce qui a fait un an révolu le 16 avril dernier. J'espère que sa Grandeur voudra bien ordonner qu'on m'en fasse passer le montant en une rescription, comme elle a toujours daigné faire.

 

J'ai l'honneur d'être avec un très profond respect, Monseigneur

De votre grandeur Le très humble et très obéissant Serviteur.
Villaret

 

Mon adresse est à Villaret officier au corps royal de l'artillerie des Colonies à Douay en Flandres.

 

 

Malheureusement Jacques Villaret ne profita guère de son grade de lieutenant car il mourut le 14 août 1785 à l'âge de 32 ans, 18 ans après la bête du Gévaudan.

On peut dire que grâce à son courage face à la bête du Gévaudan le 12 janvier 1765, Jacques Portefaix / Villaret connut une renommée dans la France entière, voire même à l'étranger, ainsi qu'une ascension sociale inespérée pour un enfant de la Margeride.

 

L'église de Chanaleilles, où furent baptisés les 7 héros du Villeret, est typique des églises gévaudanaises avec son clocher à peigne.

 

De nombreuses complaintes et poèmes furent composés en 1765 pour célébrer l'exploit de Jacques Portefaix.

 

Je célèbre un héros, dont la valeur utile,

En eût plus fait certes qu'Ajax et Achille,

Si l'âge eût fécondé ses exploits éclatants.

Car alors à peine comptait-il bien onze ans.

Portefaix est son nom, dans un séjour champêtre

Sous de paisibles toits, le ciel l'a fait naître ;

Il n'était que berger………………..cet état avili

Semblait le condamner aux rigueurs de l'oubli

Un monstre furieux désolait ce séjour,

Et sans son audace l'eût banni pour toujours.

Objet trop renaissant de la terreur publique,

Monstre échappé, dit-on, des plages d'Afrique ;

Assemblage inouï, d'autant plus redouté

Que ruse va de pair avec sa cruauté :

Aussi prompt que l'éclair dans sa course homicide

Et signalant au loin la fureur qui le guide :

Dans tout le Gévaudan sème l'épouvante ;

C'est par l'impunité que sa rage augmente ;

Préparant en secret les coups qu'il veut porter,

Il s'élance au moment qu'on ne peut l'éviter.

A quelqu'excès de foi que l'on s'abandonne

Laissera-t-on languir le trésor de Pamone :

La culture des champs et les soins des troupeaux,

N'occuperont-ils plus les paisibles hameaux ?

Le travail l'emporte, nécessité oublie :

On sillonne les champs, les troupeaux prennent vie,

Par le commun danger sept enfants réunis

Veillent sur des moutons à leur garde remis,

Et parmi ces enfants, Portefaix se signale,

En détruisant en eux la crainte fatale.

Sa noble fierté qui brille dans ses yeux

Ce présage assuré d'un destin glorieux,

En impose aussitôt, fait fuir les alarmes,

A tout événement prépare des armes.

Il cherche à prévenir les pièges cachés

En vantant des bâtons les gros fers attachés ;

Les bergers en circuit, filles et leurs fuseaux

Dans le centre placés, forment un camp nouveau.

Ils étaient dans leur camp, tout à coup une voix

S'écrie : O mes amis, c'est elle, je la vois.

Le monstre furieux approche, murmure,

Portefaix, seul en chef, tout le camp rassure

Ne craignez rien, dit-il, je suis à votre tête.

Tandis que le monstre tourne droit, s'arrête

Et de même qu'un trait lancé d'un bras nerveux

S'élance, se saisit du plus jeune d'entr'eux

L'entraîne et dans son sang croit assouvir sa rage.

Tout le camp, dont ce coup brise le courage,

Propose la fuite avec persistance ;

Portefaix aussitôt méprise l'instance

Et déployant un cœur plus grand, plus affermi

Non, dit-il, périssons ou sauvons notre ami.

Par ce généreux cri la troupe ranime,

Et on court en ordre arracher la victime

Qu'on trouve sanglante. Le monstre ne peut voir

Qu'à de tels ennemis il cède le pouvoir ;

Lui dont l'horrible soif toujours le dévore

Jamais ne s'étanche que dans le sang encore.

Non seulement sa proie échappe à sa fureur,

Pour la première fois, il connaît la terreur.

De rage, de douleur ses regards étincellent

Sept enfants mal armés l'entourent, le harcèlent

Chacun croit voir Dieu, dans son chef invincible,

Le monstre allait périr, lorsqu'une fuite prompte,

Dans le fond d'un ruisseau lui fait cacher sa honte,

Il s'y roule, se lave et s'élançant soudain

Désespéré, confus, prend un autre chemin.

 

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