Le pays de la Bête

 

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OÙ SE TROUVE LE GÉVAUDAN?

 

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            Le pays du Gévaudan faisait partie de la province du Languedoc, ses limites correspondaient en gros à l'actuel département de la Lozère ainsi qu'à une petite partie de la Haute-Loire et du Cantal. Le village d'Auvers quant à lui, tire son nom du fait qu'il était situé à la frontière entre l'Auvergne et le Gévaudan. A l'époque gauloise, le Gévaudan fut habité par les gabales avec pour capitale Anderitum (aujourd'hui Javols).

Pour y accéder

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  LES RÉALITÉS DU GÉVAUDAN

 

    Le relief, la géologie, le climat se liguent pour en faire une région ingrate, austère, aux hivers souvent rudes aux conditions de vie précaires , et cela était encore plus vrai au XVIIIème siècle.

Un pays élevé et escarpé

    L'altitude moyenne oscille autour de 1000 m atteignant pour la région des trois monts, théâtre principal des sinistres exploits de la bête; 1496 m au Mont Mouchet, 1484 m au Mont Chauvet, 1417 m au Mont Grand. Les points culminants étant 1550 m au Signal de Randon et 1700 m au Mont Lozère.

    De profondes gorges et ravins coupent le paysage, tels les gorges de l'Allier à l'est, les ravins de la Desges et de la Gourgueyre au nord. Ce relief très accidenté et ce climat rude expliquent en partie l'échec des chasseurs de la bête tel Denneval qui avait pour habitude de poursuivre les loups dans sa plate Normandie.

Un pays de granit

Hormis quelques pics de basalte et quelques maigres plaines sédimentaires (les limagnes), le granit est partout:

  • dans de gros blocs arrondis parfois posés les uns sur les autres qui passaient autrefois pour servir d'abris ou de caches aux fées.

  • dans les habitations souvent construites avec ce matériau, comme cette maison si particulière de la région de Saugues.

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  • dans les piquets de clôture des prés et champs.

  • dans les murailles de pierres sèches bordant parcelles et chemins creux.

  • dans les ponts de pierre qui enjambent les multiples ruisseaux du Gévaudan.

  • dans les nombreuses croix que l'on rencontre au bord des routes, villages et chemins, comme celle-ci à l'entrée du village d'Auvers.

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Un pays au climat de montagne

    Le Gévaudan connaît des hivers souvent longs avec de la neige, du froid, de la tourmente, du brouillard, des printemps souvent courts et tardifs, des automnes parfois inexistants et des étés fréquemment orageux. Les gens du cru parlent volontiers de six mois d'hiver, de deux d'été et de quatre sans saisons.

    Et au temps de la bête, la situation était comparable et sûrement bien pire encore si l'on en juge par quelques textes d'époque:

    "A peine commencions-nous à goûter la douceur de la paix, qu'elle a été troublée par de nouveaux malheurs: la mortalité des bestiaux, le dérangement des saisons, les grêles et les orages ont porté la désolation et la stérilité dans nos campagnes."

(Mandement de l'Évêque de Mende 31 décembre 1764)

    "Les pluies, les brouillards épais qui règnent tous les matins et qui durent souvent jusqu'au soir, les foins, les blés qui ne peuvent être récoltés qu'à la fin d'août, les habitants qui y sont occupés, ce qui fournit toutes leurs ressources, tout cela retarde beaucoup toutes nos opérations."

(Lettre d'Antoine écrite au Besset le 27 juillet 1765)

Un pays à la végétation diversifiée

    On peut voir à l'heure actuelle quelques champs cultivés autour des hameaux, des prairies naturelles ou artificielles, des pâturages avec souvent, en leur milieu un ruisseau d'eau vive, puis des genêts, des fougères, des broussailles souvent impénétrables pour l'homme et surtout des forêts. Des forêts de feuillus (hêtres, bouleaux) au plus bas étage puis des forêts de résineux (pins, sapins, épicéas) en altitude. Parfois des sommets dénudés (Mont Chauvet) entièrement roses en fin d'été car recouverts seulement de bruyère. On peut aussi trouver dans les lieux humides, avec un peu de chance, quelques vestiges des temps anciens tels le bouleau nain ou la drosera (plante carnivore).

    A l'époque de la bête, on rencontrait fréquemment des "molières": il s'agissait de lieux très humides dans lesquels hommes et chevaux risquaient l'enlisement s'ils s'y aventuraient.

    "Dans les plis serrés qui se creusent au pied des sommets divers de la Margeride, entre les futaies ou les taillis, s'allongent d'étroites prairies, de sinueux pacages, revêtus d'un fin gazon court et serré. Cà et là de larges plaques, souvent circulaires, d'une végétation encore plus drue, ponctuent d'un vert plus intense la teinte monotone de ces pelouses rétrécies. C'est sous ce gazon plus verdoyant que se cachent les insidieux bourbiers. Le chasseur plein de confiance et le nez au vent, avance devant lui sans hésiter. Soudain il voit, sous son poids, le feutre épais sur lequel il marche se mouvoir en des ondulations significatives. Il s'arrête et veut revenir sur ses pas. C'est bien un peu tard. Sous le tapis de verdure qui s'est traîtreusement entr'ouvert, son pied plonge déjà dans une vase gluante et tenace qui l'emprisonne sans merci. Il s'appuie sur l'autre pied, mais l'autre pied s'enfonce à son tour, et notre homme, pour gagner un sol plus ferme, n'a d'autre ressource que de s'étendre, s'aider de ses mains, et marcher à la façon des animaux. Une fois sa victime sortie, la pelouse perfide reprend son aspect habituel, et ne laisse rien deviner de ce qui vient de se passer.

(François Fabre la bête du Gévaudan)

    Avec le drainage des sols, ces bourbiers fort dangereux ont presque tous disparu de nos jours.

Un pays de sources d'eaux pures

    Si le Massif Central est le château d'eau de la France, le Gévaudan doit en être la source car ici l'eau est partout présente:

  • une eau vive et encore pure car protégée des pollutions.

  • une eau qui coule à toutes les fontaines de villages.

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  • une eau des petits ruisseaux dans lesquels s'ébat la truite fario si sauvage.

  • une eau bien souvent gratuite car en abondance partout.

Un pays à l'habitat dispersé

    Des fermes isolées, de petits hameaux aux maisons blotties les unes contre les autres, quelques rares bourgades un peu plus importantes. Souvent aussi malheureusement des maisons en ruine car le Gévaudan a connu un très fort exode rural depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

    On trouve aussi quelques merveilles d'art roman avec de belles églises à clochers à peigne (Saint-Privat du Fau, Chanaleilles, Lorcières,...), quelques vestiges de châteaux forts (tour de la Clauze, tour d'Apcher,...)

Un pays de Gévaudanais fiers et autonomes

    La population est de moins en moins nombreuse à la mauvaise saison, un peu plus étoffée en été grâce aux nombreuses résidences secondaires qui ont été aménagées. Les rudes conditions de vie, les malheurs et les calamités ont depuis des générations "forgé" les gens de ce pays: ils ont su garder une autonomie, un sens de l'accueil, une chaleur humaine, un esprit de solidarité peu communs de nos jours et aussi une grande volonté qui leur a permis de se libérer des jougs oppresseurs (la bête en 1767 mais également l'envahisseur allemand au Mont Mouchet en 1944). 

 

Un pays à l'économie tournée vers la nature 

    Il n'y a quasiment pas d'industrie dans le Gévaudan actuel, hormis quelques petites usines dans les bourgs (matières plastiques et conserverie de champignons à Saugues par exemple).

    L'activité principale de la région est principalement tournée vers trois pôles:

  • l'agriculture avec surtout de l'élevage bovin (production de lait) ou ovin.

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  • l'exploitation forestière avec le commerce du bois. 

  • l'accueil touristique qui se développe avec la création de gîtes ruraux communaux ou privés (certains classés gîtes de France).

Un pays aux loisirs multiples

    L'hébergement touristique peut être réalisé dans les bourgs ou les villages qui possèdent les structures appropriés :

  • terrains de camping.

  • hôtels et restaurants.

  • villages de vacances.

  • logements chez l'habitant (chambres et tables d'hôtes, gîte ruraux).

    Les activités que l'ont peut pratiquer sont, bien entendu, tournées vers la nature:

  • randonnées à pied, sur de nombreux sentiers balisés (de grandes ou petites randonnées) tel l'antique chemin menant du Puy à St Jacques de Compostelle et qui passe par Saugues.

  •  randonnées à cheval, en ski de fond, en raquettes, en véhicules tout terrain,.....

  • pêche: sportive dans les nombreux ruisseaux d'eau pure, ou plus tranquille dans les lacs, étangs, plans d'eau.

  • chasse: non plus à la bête, mais au gibier encore relativement abondant et naturel.

  • cueillettes des fruits et baies des forêts selon la législation en vigueur: myrtilles, mûres, framboises,.....

  • et bien sûr découverte de cette fabuleuse histoire de la bête du Gévaudan car il faut que chaque visiteur garde à l'esprit que la bête fait partie intégrante du patrimoine gévaudanais. Les gens d'ici se souviennent et se souviendront toujours qu'il y a eu une bête féroce qui a écrit sa vie avec leur sang et leurs larmes. Et les arrières-petits-enfants de ceux de 1767, l'hiver, continuent à raconter son histoire qui leur appartient comme un héritage. Il faut se l'être fait raconter des fois et des fois, par une grand-mère, en tisonnant un feu de branches mortes, sous les vastes cheminées gévaudanaises, pour en comprendre tous ses mystères et toute sa portée. 

 

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